Il
nait à Angers en 1872, sa mère en meurt et son père
l'abandonne. Il sera donc élevé par sa grand-mère.
A 18 ans il monte à Paris pour préparer Normale
Supérieure mais il est attiré par le journalisme.
IL veut se trouver un pseudo et l'amitié franco-russe étant
au gout du jour, il choisi Curnonsky, de "cur" en latin
qui veut dire pourquoi et "non" qui signifie "pas"
.
En 1914 ce pseudo lui vaudra d'ailleurs d'être arreté
et incarcéré quelques jours comme "espion russe".
Il écrit dans divers journaux et va devenir entre autre
un des "nègre" de Willy, le premier mari de Colette.
Curnonsky est connu pour son appetit et sa taille (1m85 et 120
kgs).
Il mettra finalement son talent d'homme de lettres et son solide
appetit au service de la gastronomie et entreprend avec son ami
Marcel Rouff la rédaction d'une
série de brochures sur la cuisine régionale et les
meilleures tables de France.
En 1927, la revue "le bon gîte et
la bonne table" organise un référendum
pour élire le "prince" des gastronomes. Curnonsky
est choisi. Il est invité de diners en réceptions
et rempli ses fonctions avec une merveilleuse bonne grâce.
Parallèlement il poursuit son oeuvre littéraire
et gastronomique. On lui doit "les recettes
des provinces de France" avec A de Croze
en 1933 et "les fines gueules de France"
avec P. Andrieu en 1935. Il fonde également "l'académie
des gastronomes" en 1930, dont il sera
d'ailleurs le premier président. Tous ses membres dont
Edouard de Pomiane, Maeterlinck, Paul Reboux, le marquis de Polignac,
Justin Godart sont des gastronomes avertis.
Il pratique volontier l'aphorisme à la manière de
Brillat-Savarin qu'il admire beaucoup mais
il cherche surtout à redonner du prestige à la cuisine
bourgeoise et provinciale par opposition à la sophistication
de certains grands restaurants parisiens.
Il lit énormément et a une mémoire fabuleuse.
Curnonsky refuse d'associer son nom à la moindre publicité.
Il a ainsi repoussé des fortunes.
En 1939 il quitte Paris et s'installe en Bretagne dans une auberge
tenue par une vieille amie, à Riec-sur-Belon. C'est une
très bonne cuisinière que Curnonsky a découverte
lors de vacances. Il dit et écrit tout le bien qu'il pense
de sa cuisine qui devient un haut lieu de la bonne chère.
Il restera chez elle jusqu'à la fin de la guerre et y rédige
une partie de ses souvenirs.
Après la guerre, il regagne son appartement parisien et
reprend ses activités de journaliste.
Le 22 juillet 1956 il tombe par la fenêtre de son appartement
et meurt, désarticulé, sur le trottoir. Il allait
avoir 84 ans.
Il connut jusqu'a sa mort une gloire sans partage et fut reçu
dans tous les hauts lieux de la gastronomie.
Pour
ses 80 ans, le 12 octobre 1952, sur l'initiative de la revue "Cuisine
et vins de France" (qu'il avait fondé
en 1946) et de R. Courtine, 80 restaurateurs d'Ile de France apposèrent
dans leur salle, à la place que le "prince" occupait
habituellement, une plaque de cuivre portant ces mots :
Cette place est celle de
Maurice Edmond Saillant Curnonsky
Prince élu des gastronomes
Défenseur et illustrateur de
la cuisine française
Hôte d'honneur de cette maison.