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Cela
fait juste un peu plus d’une année que je suis
arrivée en France avec ma petite famille, en provenance
de Tokyo. J’ai été assez surprise de
voir le niveau de popularité atteint par la cuisine
japonaise dans le monde en général et en France
en particulier. Auparavant, seuls quelques amateurs éclairés
et hommes d’affaires Japonais de passage étaient
prêts à payer une fortune dans les rares restaurants
japonais de la capitale, qui étaient presque toujours
des restaurants de luxe et d’exception. Maintenant,
on trouve un restaurant japonais (ou pseudo japonais) à
tous les coins de rue dans toutes les villes de France et
il est donc devenu facile et commun, de manger japonais
sans se ruiner. De plus, comme on trouve maintenant la plupart
des ingrédients nécessaires assez facilement,
il n’est pas difficile de cuisiner japonais à
la maison. |
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Il
me semble qu’en fait, peu de Français connaissent
vraiment la cuisine japonaise. Pour la plupart des gens,
la cuisine japonaise est simplement synonyme de poisson
cru et de bizarrerie. En effet, la première image
qui vient à l’esprit des gens ici quand on
parle de la cuisine japonaise est celle de Sushi, parce
que c’est le plat le plus connu. Ensuite, quelques
plats célèbres sont quelques fois mentionnés,
comme Tempura, Yakitori, Sukiyaki, Sashimi, etc. Et puis,
il y a les ingrédients qui ont été
adoptés dans le monde entier, dans un contexte diététique,
macrobiotique ou autre, comme le Tofu, le Miso, les diverses
algues (Wakame, Kombu, Nori, etc.)
Photo : Omisoshiru (soupe miso)
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Il
y a cependant beaucoup plus de choses à découvrir
dans la cuisine japonaise. Elle est extrêmement riche et
variée, et est reconnue comme l’une des plus saines
du monde. Comme en France, il existe des cuisines régionales
et des plats différents selon les occasions et selon les
gens. La cuisine japonaise a évolué au cours des
siècles, et a subi l’influence de plusieurs autres
pays. Elle continue d’ailleurs à évoluer au
fur et à mesure que les nouvelles générations
adoptent de nouveaux ingrédients et plats comme par exemple
le pain, les céréales, les laitages, et en même
temps abandonnent les manières traditionnelles de préparer
les bases des plats japonais.
Je
pense qu’avant tout, la cuisine japonaise se caractérise
par sa simplicité. Elle repose sur les saveurs propres,
naturelles des ingrédients et sur l’aspect
de la présentation (n’a-t-on pas écrit
que « la cuisine japonaise n’est pas chose qui
se mange, mais chose qui se regarde… »). Le
respect des matières premières, de leur saveur
de base, ainsi que leur qualité et leur fraîcheur
sont des points primordiaux. On utilise énormément
de légumes divers, essentiellement de saison, beaucoup
de poisson (il paraît que les Japonais consomment
à eux seuls 50% des poissons dans le monde !), peu
de viande, peu de corps gras, peu ou pas de laitage. Une
seule règle est absolue...la fraîcheur. Contrairement
aux autres cuisines asiatiques, la cuisine japonaise n’est
pas relevée. On n’emploie pratiquement pas
d’épices. À ma connaissance, la cuisine
japonaise est généralement très authentique
et sans concessions -- je ne pense pas qu’on puisse
l’adapter au goût des Français, comme
cela a été fait pour les cuisines chinoise
ou vietnamienne qui diffèrent selon le pays ou on
les mange. Photo : un plat de Fugu (blowfish) |
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Un repas japonais de base à la maison est souvent composé
de riz, de trois plats et de soupe. Alors qu’on France on
sert les plats les uns après les autres, au Japon, tout
est servi pratiquement en même temps (c’est peut être
pour cela que les Japonais ont tendance à manger vite.)
Une grande partie des plats japonais repose sur l’utilisation
de quelques ingrédients de base, à savoir la sauce
de soja (shoyu), plus ou moins salée, le sake (alcool de
riz), le mirin (un autre alcool de riz sucré), le miso
(pâte de soja), le su (vinaigre de riz) et le sucre. (Tous
ces ingrédients sont faciles à trouver en France).
Il y a tout d’abord, bien sûr, le riz et sa préparation.
Le riz est comme le pain en France, omniprésent à
tous les repas. Il est tellement important qu’on le désigne
entre autre par gohan qui signifie également « repas
». Le riz a au Japon une nature presque sacrée et
a des pouvoirs mystiques qu’on retrouve dans de nombreux
rites qui lui sont associés. Pour mes repas japonais, j’insiste
à utiliser du riz japonais appelé Japonica (il ne
provient pas forcément du Japon – on en trouve d’excellent
de Californie !). Et comment toute japonaise née après
la guerre, j’utilise mon Rice Cooker (cuiseur de riz) pour
faire cuire le riz…. Après l’avoir correctement
lavé plusieurs fois à l’eau froide, il me
suffit de le mettre dans la machine avec la quantité d’eau
appropriée, et d’appuyer sur un bouton. Le riz sera
prêt et chaud à l’heure voulue. Nous reparlerons
plus en détail du riz.
Le Dashi (bouillon de bonite et d’algue) constitue la base
de nombreuses préparations, un peu comme les fonds et autres
fumets de la cuisine française. Jusqu’à ces
dernières années et l’apparition de préparations
toutes faites de dashi, toute ménagère japonaise
qui se respectait, préparait elle-même ce bouillon
de manière à toujours en avoir à disposition.
Il est utilisé aussi bien pour la soupe de miso du matin
que pour de nombreuses sauces utilisées avec les soba (pâtes),
les tempura, etc.
Il ne m’est pas possible de passer en revue tous les aspects,
les ingrédients, les ustensiles, les plats de la cuisine
japonaise. Le sujet est bien trop vaste pour quelques simples
articles, et la meilleure manière de continuer est de montrer
comment préparer quelques plats, et de répondre
aux questions que vous pourriez avoir. Je me propose donc de décrire
en détails et en photos comment procéder pour préparer
certains plats japonais connus comme les sushi, les maki (rouleaux),
les tempura, les yakitori, le sukiyaki les teriyaki, etc. et d’engager
une discussion sur le forum de ce site.
Bien amicalement,
Akiko
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