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Sommaire Cinéma
LE
DINER

Ettore Scola
Certes,
on peut aisément deviner les intentions d'Ettore Scola concernant
ce Dîner : capter l'atmosphère d'un restaurant pendant un repas,
ce moment où les gens prennent le temps, se relâchent et finissent
par se laisser aller. On peut alors éventuellement assister à
quelque chose qui tient de la révélation, le barrage cède, les
carapaces se fissurent et laissent filtrer un flux sentimental
intime et non maîtrisé. A ce moment, le portraitiste intervient
pour récupérer le matériau. Mais encore faut il avoir quelque
chose de particulier à transmettre au travers de ces personnages
(censés être un échantillon représentatif de la société italienne).
Or, le cinéaste semble exsangue.

De
situations conventionnelles en conversations de boulevard, le
film ne sort jamais des sentiers battus et rebattus dans les lieux
les plus détestables du monde artistique. Le Dîner accumule les
clichés, propose des histoires aussi abracadabrantes que banales,
et manie un humour primaire à l'ancienne (ah, les femmes !). Le
sentiment est d'autant plus désagréable que l'ensemble baigne
dans une triste amertume passéiste qui manque un peu de noblesse.
Dommage, car lorsque Scola ne se laisse pas lui-même aller à cette
humeur saumâtre, le film gagne en légèreté, devient presque visible.
Mais dans cette comédie plus bavarde que gastronomique, fatalement
la mise en scène n'a pas sa place. La caméra butine de table en
table en essayant de suivre les conversations sans parvenir à
masquer le caractère artificiel du procédé. Chaque conversation
semble attendre la présence de l'objectif pour exister. Et même
si une certaine élégance émane de ces images, elles n'en sont
pas pertinentes pour autant.
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